Parfois, pas besoin d’aller au bout du monde pour être dépaysé. Dépaysé mais à la fois se sentir comme chez soi.

À seulement 1h de décalage horaire de la France, cette petite ville au nord-ouest de la Roumanie m’a étonné bien plus que je ne l’espérais. Pourtant sûre que les capitales avaient plus à offrir, c’est de Timisoara que je suis tombée sous le charme.

À peine arrivée, je me rends compte que la vie n’est pas bien chère, voire dérisoire. Un ticket de bus de ville aller-retour coûte 0,45€. Tout n’est pas dans le confort en Roumanie, mais tout a bien son charme. Timisoara m’a replongé dans les années 60 que l’on nous montre dans les films, une époque que je n’ai même pas connue, mais dont je pouvais totalement visualiser le décor et en ressentir l’atmosphère. Le bureau de poste local n’est rien d’autre qu’une grande pièce vide avec un seul comptoir en bois et une file d’attente de 45min, et les restaurants rapides locaux, servants kebabs et pitas, grouillent de jeunes Roumains s’empressant de prendre une pause-déjeuner sous les rayons du soleil de la place Victorei.

Cette place radieuse offre deux points de vues mythiques : l’opéra byzantin roumain et sa devanture grisâtre, face à la majestueuse cathédrale Orthodoxe séparée par une esplanade de pavés, fleurs et verdures.

À toute heure, la vie est calme, la vie est douce. L’odeur d’un de ces bretzels à 1 Lei parfume un coin de rue, et l’air d’un accordéon rend la balade plus agréable.

À vélo ou à pied, flâner dans ces rues colorées est à la fois tout simplement agréable, et surprenant par son architecture. En suivant les passants, on peut facilement arriver à la place Unirii, au Nord du centre-ville historique.

Mais commençant à maudire mon sens de l’orientation que je ne pensais pourtant pas si mauvais, c’est ce moment inatendu qui arriva : au détour d’une rue ombreuse, je me retrouvai face à cette immense place baroque, aussi grande qu’un terrain de football, entourée de bâtiments multicolores. Étonnée, puis rapidement envoûtée, c’est accompagné d’un air d’accordéon et de cris d’enfants courant à la sortie de l’école que je traversai la prestigieuse place de pelouse et de pavés.

Si la 3ème ville de Roumanie est une trépidante incarnation d’une ville verte et ancienne, telle une mini-Prague, en matière d’architecture le baroque viennois est roi. De la Casa Brück à la façade du café Baroque, lors de ton expédition n’oublie jamais de te réserver un moment pour contempler ces bâtiments et visiter le musée d’art (gratuit pour les étudiants), où tu auras droit à une splendide vue de la place.

Envie d’une balade plus sportive? Enfourche un vélo ! Ton auberge doit très certainement en louer pour quelques euros la journée.

J’embarque le mien à travers les ruelles, engagée entre avenues et routes de tramway, jusqu’à arriver au Parc des Roses. Mis à part le bruit des pneus sur le goudron, tout était silencieux.

Ma ballade me mena à toujours plus de rues et de décors improbables.

À ce moment, la ville reprenait vie. 

Tout en sirotant mon expresso en terrasse du café , je jetai un coup d’oeil au spectacle s’animant devant moi. Des enfants à trotinette, des couples sur ces immenses bancs, et quelques photographes inspirés par la beauté des couleurs des façades.

Ce qui m’étonna le plus, c’est le calme qui régnait, malgré l’animation. C’était la première fois que je pouvais respirer à pleins poumons dans une ville.

Plus tard dans la soirée, je rejoins mes colocataires d’auberge de jeunesse. Tous rassemblés dans le petit salon du Freeborn Hostel une bière à la main, la manette de Wii dans l’autre, nous entamons la soirée jusqu’à que Raul, le patron, nous propose une sortie nocturne typique roumaine.

À en juger par l’endroit atypique où nous entrons, Raul est véritablement décidé à nous faire passer une incroyable soirée. C’est dans les couloirs Cuib d’Arte que nous nous faufillons entre la foule de jeunes. Dans cet immense bar sur deux étages, en passant de pièce en pièce tu as l’impression d’être chez quelqu’un, littéralement dans la maison de quelqu’un. Le décor est fou, le DJ aussi, et ton mojito te coûte 2€ !

Nous finissons la soirée au Molly Malone’s, un pub irlandais à l’ambiance folle et aux serviettes en papier qui volent, avec un DJ d’une autre planète qui passe du Sexion d’Assault. Oui, les Roumains adorent..

6h, le lendemain matin. Les queues s’allongent devant les boulangeries ‘take away’ pour commander ces fameux ‘cone de ciocolate’. Il est l’heure pour moi de prendre l’avion direction Bucarest et de découvrir les merveilles du sud de la Roumanie. Prochainement à suivre dans un nouvel article.

Merci Timisoara, tu as été la lumière de mon voyage, par ton air de ville antique, tu as tous les charmes que je suis venu chercher lors de cette excursion dépaysante. En espérant que tu illumineras d’autres coeurs sur leur passage…

Voyageusement,

Samantha